Voici ce que l'on peut lire dans l'Edito du magazine VSD de cette semaine qui a comme des accents de lettre d'excuse...suite à la "annulation" de parution de l'interview de François Bayrou initialement prévue le 29 novembre mais retirée sans doute malencontreusement... à la dernière minutes par la rédaction...
"Balle au centre
L'heure du bilan 2007 va sonner. Au chapitre politique, très
riche en rebondissements, révélations ou trahisons,
François Bayrou restera comme un des hommes de l'année.
Parce qu'il a secoué le cocotier, parce que son discours et
son attitude ont fédéré (plus que convaincu ?)
près de 20 % de l'électorat au printemps, parce que
les Français aiment les don Quichotte en lutte contre les
moulins à vent de l'ordre établi. Mais 2008 s'annonce
plus délicate pour le tout nouveau président du MoDem,
qui revendique près de soixante mille adhérents. Ce
week-end, il n'a pas eu recours à l'autocratie pour
prendre la tête du parti qu'il a fondé sur les cendres
de l'UDF. Il n'y avait personne, dans les travées de
Villepinte, pour concurrencer la candidature de François
Bayrou, l'homme le plus quitté de France. Dans l'ordre de
disparition en scène : Claude Goasguen, Jean-Louis Borloo,
Hervé Morin, André Santini et, enfin, Jean-Marie
Cavada, entre autres infidèles partis chercher fortune plus à
droite. En réponse à la défection de ses
lieutenants, Bayrou a lâché une de ces petites phrases
dont il détient le secret : « Les branches ne tombent
pas parce qu'il y a du vent mais parce qu'elles sont mortes. »
Peut-être bien, mais tout de
même, se pose-t-il les bonnes questions, ce skipper solitaire ?
En politique, il arrive que l'on perde, même porté par
la foule : malgré les sept millions de voix récoltées
au premier tour de la présidentielle, il avait disparu de
longues semaines du paysage. Mais une chose est sûre : en
politique, on ne gagne jamais tout seul. Déterminé,
convaincu qu'il peut surprendre aux prochaines municipales mais
conscient de son isolement, il semble dire aux Français : «
déçus de tous les partis, donnez-vous la main et
rejoignez le MoDem pour réussir l'autre révolution
orange (couleur officielle du mouvement) ! ». Et de répéter
inlassablement que ces mêmes Français ne veulent plus de
l'opposition droite-gauche. La présidentielle lui a déjà
donné tort une fois. On attend désormais que son «
commando de transformation de la société » cesse
de vilipender les camps d'en face, pour se mettre au boulot et
porter des idées concrètes, nouvelles. Face au «
monarque », que ses troupes dénoncent si souvent, et en
l'absence d'opposition socialiste consistante, Bayrou a droit à
une deuxième chance. Balle au centre"
Olivier Cabréra